Pratiques et tendances du reporting extra-financier en France

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Dans son dixième baromètre RSE, le cabinet Mazars salue le niveau d’engagement des 68 entreprises du CAC 40, CAC Next 25 et SBF 120 dont il a passé au crible les rapports extra-financiers pour y repérer les grandes tendances et les bonnes pratiques en la matière.

De la prise de conscience à l’engagement : une évolution notable de la communication extra-financière des entreprises depuis dix ans

Ces dix dernières années, la déclaration de performance extra-financière (DPEF) des entreprises du CAC 40 et du SBF 120 a nettement évolué au point de devenir un document particulièrement structuré, véritable outil de communication à part entière des entreprises. L’information extra-financière est désormais considérée comme l’alter ego de l’information financière. Et pour preuve, il n’est plus rare de voir traités les sujets extra-financiers dans le cadre des assemblées générales des entreprises ou encore lors de l’annonce de leurs résultats. L’importance accordée au volet non financier par les organisations et les investisseurs s’illustre aussi par une évolution majeure dans la présentation de ces informations : autrefois reléguée à la fin du document d’enregistrement universel (URD), la présentation du modèle d’affaires – composant de la DPEF – se retrouve aujourd’hui souvent dans l’introduction de l’URD.

« L’amélioration continue de la qualité des DPEF au cours de la dernière décennie s’explique d’une part par la pression exercée par les réglementations et les parties prenantes et d’autre part par la volonté sincère des entreprises de faire bouger les lignes. Cette évolution progressive s’accélère aujourd’hui, renforcée par l’arrivée sur le marché du travail de la génération Z dont les préoccupations sociales et environnementales remettent en question la seule vocation économique et financière des entreprises » analyse Edwige Rey, Associée responsable du département RSE et développement durable chez Mazars.

La question de la normalisation : vers un cadre de légitimité publique donnant toute sa valeur à l’information extra-financière

Deux ans après l’entrée en vigueur de la directive sur le reporting extra-financier, les entreprises cherchent à aller plus loin dans leur démarche RSE et vont désormais au-delà des exigences réglementaires. Sur le fond, les données présentées ont gagné en qualité, en fiabilité et en pertinence. Les entreprises se sont recentrées sur leurs enjeux les plus matériels, afin de mieux les piloter. Cette évolution a donné lieu à l’éclosion d’une multitude d’indicateurs de performance adaptés aux problématiques inhérentes à leurs activités.

Cependant, le recours à des indicateurs de plus en plus spécifiques a conduit à une grande hétérogénéité des informations au détriment de la comparabilité. Or, en l’absence de définitions précises et partagées, il est difficile de pouvoir comparer finement les performances et les engagements des entreprises.

« S’il faut saluer les avancées réalisées depuis 2010 et prendre garde à ne pas entraver cette dynamique, il est aujourd’hui impératif de définir des standards. Une question se pose alors : quels sont les thématiques, définitions et indicateurs qui permettraient de trouver le juste équilibre entre comparabilité et pertinence de l’information ? L’Union européenne doit se pencher sur cette question complexe et procéder à l’arbitrage qui permettrait de faire face à trois grands enjeux économiques liés à la DPEF : celui de l’objectivité, celui de la cohérence entre finance durable et économie durable, enfin celui de la compétitivité des entreprises européennes à l’échelle mondiale, sujet crucial en ces temps de crise » ajoute Edwige Rey.

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