Julien Tokarz : "Nos chances de remporter à nouveau le Conseil Supérieur sont réelles."

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julien-tokarzA l'occasion des élections  aux Conseils de l'Ordre, le Monde du Chiffre a interrogé Julien Tokarz, président d'ECF.

 

ECF

Quelle est votre réaction face aux résultats de ces élections ?

Ma première réaction, c’est de constater que la mobilisation a été très importante. Plus de 70 % des consœurs et des confrères se sont mobilisés pour exprimer leur souhait quant à l’avenir de la profession. C’est un record de participation et tant mieux ! Je suis très fier des candidat(e)s ECF dans toutes nos régions. Ils ont défendu des valeurs, un bilan et des propositions réalistes et nécessaires. Au regard des résultats, notre projet semble répondre aux attentes des cabinets. Nos chances de remporter à nouveau le Conseil Supérieur sont réelles.

Pouvez-vous nous rappeler les grands axes de votre programme ? En quoi vous différenciez-vous de vos adversaires ?

Ce ne sont plus les axes d’un programme, ces sont les axes de travail de la majorité ECF au Conseil Supérieur. Nous allons tout faire pour simplifier au maximum la vie quotidienne des cabinets. Nous avons déjà mis toutes nos forces dans la suppression du contrôle des pièces justificatives par les OGA. Bercy a fait quelques concessions mais nous ne serons satisfaits que lorsque ce dispositif dogmatique, coûteux et inefficace sera définitivement abandonné. Le ton est donné, et il en sera de même pour toutes les mesures de défiance que le gouvernement souhaitera mettre en place.

Nous avons déjà commencé à travailler sur le second axe : celui de l’avenir de nos cabinets et de la transition numérique de la profession. La mise en place d’une académie du numérique a été votée. Concomitamment, nous allons déployer un grand plan d'accompagnement numérique des cabinets totalement gratuit sur l'ensemble du territoire. Il permettra à tous les professionnels de se former, de préparer ses collaborateurs et ses clients et d’adapter ses outils.

Parallèlement au gain de temps procuré par le numérique, les cabinets doivent élargir leurs missions, c'est la stratégie d'ECF depuis 2008. Nous avons obtenu tous les textes pour élargir notre périmètre, il faut maintenant que les cabinets se les approprient. Dans cet objectif, la formation va devenir stratégique, nous multiplierons les cursus diplômants et certifiants à destination des experts-comptables et de leurs collaborateurs pour mieux nous adapter à notre environnement.

Nous n'avons pas l'habitude de parler de nos concurrents, nous préférons nous concentrer sur nos idées, notre programme. Si vous voulez malgré tout quelques-unes de nos différences, il suffit de vous parler de l'ADN d'ECF : la promotion de l'exercice indépendant de notre profession. Ça se reflète dans nos propositions, dans nos actions et dans la gestion des institutions. Si vous voulez un exemple concret, observez ce qui a été fait (ou pas) pour les commissaires aux comptes à la CNCC et comparez avec le travail que nous avons fait pour les experts-comptables au CSO.

Quels sont selon vous les défis qui attendent les experts-comptables ces prochaines années ?

Le numérique est le premier défi mais c’est le défi d’aujourd’hui. Demain, il nous faudra maîtriser davantage les millions de données qui transitent chaque jour dans nos cabinets. L’ère du "big data" est une véritable opportunité pour une profession qui, comme la nôtre, gère des quantités de chiffres stratégiques pour l’économie, pour le pays et pour notre propre développement. Nous devons être capables de rester propriétaires de ces données, de les sécuriser, de les exploiter pour en faire une richesse.

Propos recueillis par Pascale Breton

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