Dominique Hubert : "Chacun d’entre nous est le meilleur ambassadeur de notre profession."

Interviews
Outils
TAILLE DU TEXTE

dominique-hubertInterview de Dominique Hubert Président du Conseil régional de l’ordre des experts-comptables des Pays de Loire.

oec-pays-de-loire

Pourquoi vous êtes-vous dirigé vers une carrière dans l’expertise comptable ? Qu’est-ce qui vous a immédiatement attiré ?

Comme la plupart des confrères, je ne me disais pas quand j’étais adolescent qu’un jour je deviendrai expert-comptable. A vrai dire, je n’avais qu’une vague idée de ce qu’était ce métier. Fils de gendarme, je me destinai, par mes études secondaires, plutôt à une carrière d’officier de gendarmerie. Etre au service de la nation et de l’Etat était inscrit dans mes gènes. Le monde des affaires, le commerce et le monde de l’entreprise ne faisaient pas partie de mon quotidien et de mon univers. C’est plus tard, à l’âge de 23 ans alors que je terminais mes études dans une école de commerce (où j’étais d’ailleurs arrivé par hasard car c’est surtout parce qu’en classe préparatoire HEC, on poursuivait l'enseignement de la philosophie et de l’histoire que j’avais choisi cette filière), que je me suis mis en recherche d’une activité qui me permette de continuer à acquérir des connaissances. Travailler dans un cabinet d’expertise comptable et devenir expert-comptable stagiaire conciliait à la fois pratique professionnelle et poursuite d’un cursus de formation. Et c’est ainsi qu’ayant passé le DECS pendant mon service national, je devenais expert-comptable stagiaire le 1er janvier 1981 dans le cabinet où je suis toujours aujourd’hui. Ce n’est que bien plus tard que j’ai découvert que ce métier passionnant était tout à fait compatible avec mon souci du service de la nation. Je ne cesse d’ailleurs d’affirmer que notre beau métier est utile à l’économie et que nous devons l’affirmer haut et fort en nous engageant partout où nous le pouvons.

Quel a été votre parcours au sein des institutions ?

Quand je suis arrivé au Mans, il y a maintenant 18 ans, je me suis impliqué assez rapidement au sein de l’Association des experts-comptables de la Sarthe et j’en suis devenu le président trois ans plus tard. Souhaitant poursuivre mon implication, j’ai rejoint quelques années plus tard le Conseil de gestion de la section Maine Anjou Touraine de l’Ifec et j’en ai assumé la présidence jusqu’en 2011. J’ai alors rejoint le bureau national de l’Ifec. Depuis le 1er janvier 2013, je suis membre de la délégation patronale de la branche des experts-comptables et j’en suis devenu le porte-parole depuis le 1er janvier 2016. Fin 2012, je suis devenu membre du Conseil régional de l’ordre des experts-comptables des Pays de Loire. Au cours des quatre dernières années, j’ai occupé le poste de vice-président représentant le département de la Sarthe et j’ai été membre de la commission Déontologie et de la commission de Répression de l’exercice illégal, deux missions régaliennes fondamentales du Conseil régional. J’ai également été membre de la commission Communication et de la commission Formation professionnelle. Depuis le mois décembre 2016, j’ai l’honneur de présider notre Conseil régional. Je continue ma mission et mes fonctions de porte-parole de la délégation patronale de la branche des experts-comptables et des commissaires aux comptes.

Quels sont vos objectifs de mandature pour les deux ans à venir ?

Aujourd’hui et en accord avec mon bureau, j’ai proposé aux membres de notre Conseil régional de dégager cinq axes majeurs sur lesquels concentrer notre action, au service de la défense des intérêts de notre profession mais aussi de la promotion de notre filière et de son attractivité. En premier lieu, il nous semble prioritaire d’agir sur la sensibilisation des jeunes et de leurs parents à nos métiers. Ensuite, la transition numérique est un sujet fondamental que nous devons aborder si nous voulons bien accompagner nos consœurs et confrères dans le développement de leur activité. Par ailleurs, nous travaillerons en particulier, au cours de notre mandat, sur les thèmes de l’accompagnement du secteur non marchand et de la transmission d’entreprise, sans omettre naturellement les travaux bien spécifiques aux diverses commissions régaliennes. L’Ordre des experts-comptables bénéficie d’une délégation de service public. A ce titre, il s’intègre dans l’économie pour la défense des consommateurs que sont nos clients. L’Ordre a également pour rôle de défendre les intérêts collectifs des consœurs et des confrères. Il nous semble important d’assurer la défense du diplôme et notamment de poursuivre et d’intensifier la lutte contre l’exercice illégal de la profession. Etre à l’écoute des confrères, c’est entendre les problèmes qu’ils peuvent rencontrer pour recruter les collaborateurs, pour assurer les différentes missions qui leur sont confiées par les clients ou qui pourraient leur être confiées demain.
Etre à l’écoute, c’est aider et accompagner pour : "recruter aujourd’hui les acteurs de demain".
Plus que jamais l’image de la profession et l’intérêt de nos missions doivent être présentés aux lycéens et aux étudiants ainsi qu’à leurs parents soucieux de voir leurs enfants s’engager dans une filière qui recrute et qui a besoin de forces vives pour relever les défis de demain. Il est nécessaire d’aller également vers des publics non identifiés actuellement et dont la profession aura besoin demain pour accompagner les entreprises dans leur démarche stratégique : je pense notamment aux écoles d’ingénieurs et aux écoles spécialisées dans les systèmes d’information.

Le pari que nous faisons avec l’ensemble des élus ne se fera qu’en aidant les cabinets à acquérir de nouvelles compétences ou en formant des collaborateurs en savoir, savoir faire et savoir être. Notre Conseil régional s’est construit une belle image de formateur par l’intermédiaire de son IRF, le Ceeccara. Il faut poursuivre cette mission essentielle.
Par-delà la formation de l’expert-comptable, il y a bien évidemment la formation de l’ensemble de ses collaborateurs qui agissent dans le cadre d’une polyvalence d’activité et de missions. Il faut affirmer le rôle de manager et de coordinateur de l’expert-comptable. Comme tout manager, l’expert-comptable, dans le respect des règles ordinales, doit amener ses collaborateurs à l’autonomie souvent souhaitée par les jeunes générations. Nous savons que l’autonomie est la conjugaison d’une part de la compétence et d’autre part de la motivation.
C’est ainsi que notre profession passionnante renforcera son attractivité. Etre à l’écoute des confrères en région, c’est renforcer la notoriété de la profession auprès des acteurs de l’économie locale que sont les syndicats patronaux, les chambres consulaires, les autres professions libérales, les banques et toutes les autorités et institutions tant publiques que privées qui œuvrent pour le développement de notre région, de son économie et de son attractivité.

Souhaitez-vous mettre en avant une action particulière ?

Comme je le disais ci-dessus, nous avons souhaité mettre au cœur de cette mandature l’attractivité de notre profession. Il nous faut défendre cette attractivité par notre image et par notre présence.

Je pense que chacun d’entre nous est le meilleur ambassadeur de notre profession. Il est l’image de la profession, il est celui qui dit autour de lui combien ce métier est passionnant parce que c’est un métier de contact, diversifié et surtout utile aux autres. Notre métier se situe au cœur de l’économie. Nous restons confiants dans l’avenir et fiers de pouvoir transférer aux jeunes générations la passion de notre métier.

Les Annuaires du Monde du Chiffre