Etat de l’art de l’expertise comptable en Europe

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Une tribune de Charles Passereau, CEO de Welink.

Il y a plus deux ans, une ordonnance a permis d’ouvrir les missions françaises aux experts-comptables de l'Union européenne et de l'Espace économique européen (EEE). Elle permet également aux experts-comptables français de réaliser des missions dans l'UE et l’EEE.

Ceci permet donc à un expert-comptable ressortissant :

  • de voir ses qualifications professionnelles reconnues après un an d’exercice durant les dix dernières années et donc de s’établir en France (contre deux ans auparavant) ;
  • d'accéder partiellement aux activités de la profession lorsque celle exercée par le ressortissant européen dans le pays dont il est originaire, couvre des activités plus étroites qu’en France ;
  • de s’établir en France sans avoir l’obligation de détenir un diplôme de niveau post-secondaire d’une durée de trois ans ;
  • de voir son expérience professionnelle hors expertise comptable être plus facilement reconnue pour apprécier ses qualifications professionnelles.

Il est alors légitime de se poser la question de l’homogénéité des formations d’expert-comptable d’un pays à l’autre. On peut aussi se demander si les missions sont identiques ; on se rend rapidement compte de nombreuses différences entre les pays… Voici un bref tour d’horizon de nos voisins.

En Espagne, le métier d’expert-comptable comme on le connaît en France n’existe pas. Contrairement à la France, l’expertise comptable n'y représente pas un outil de gestion mais sert à produire de la fiscalité. L’activité n’est pas du tout régulée et contrôlée comme en France, hormis la profession de commissaire aux comptes. De ce fait, il n’y a aucun cursus et aucune formation réglementée, ce sont les universités ou écoles privées qui forment les étudiants à des masters spécialisés.

C’est en Italie que l'on trouve le plus grand nombre d’experts pour répondre à tous les besoins d’une société, leur rôle est très large. Cependant, à l’inverse de l’Espagne, les métiers d’expert-comptable et d’avocat sont bien distincts. Pour devenir Dottore commercialista, il faut détenir une maîtrise en sciences économiques et trois ans de stage dans un cabinet.

En Allemagne, il y a presqu'autant d’experts qu’en Italie (soit 4,5 fois plus qu’en France) car les particuliers ont régulièrement recours à ces professionnels. En plus, les entreprises allemandes sont plus nombreuses et ont un poids économique plus important que leurs voisines hexagonales. Le cursus pour devenir expert-comptable en Allemagne est fondé essentiellement sur l’alternance, qui peut parfois durer près de dix ans !

Cette réglementation représentait un risque d’intensification de la concurrence dans certains pays mais d'un autre côté, elle représentait une opportunité business intéressante pour des entreprises souhaitant se développer sur le vieux continent. Le développement de la communication sur internet à faciliter la transfrontalisation du métier.

De nombreuses menaces pèsent sur le métier de l’expertise comptable, l’ouverture des frontières peut représenter la solution ! Même si les statistiques sur l’exportation et l'importation des prestations comptables en Europe sont quasi inexistantes, il semble que les experts-comptables des différents pays ne sont pas encore prêts à exercer au-delà des frontières. Cela changera peut-être si la profession se sent vraiment menacée.

Charles Passereau, CEO de Welink

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