Pratiques et tendances du reporting extra-financier en France

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Le cabinet d'audit et de conseil Mazars a publié son 9ème baromètre des pratiques et tendances en matière de reporting extra-financier.

Une structure du reporting conciliant nouvelles exigences réglementaires et stratégie de communication

A la suite de la transposition de la directive RSE, les entreprises doivent faire évoluer la structure de leur publication. En effet, jusqu’à présent, le chapitre RSE était majoritairement organisé autour des volets social, environnemental et sociétal (69 % en 2017). Cette structure est moins plébiscitée cette année même si le format, inspiré de l’ancienne réglementation Grenelle 2, reste encore utilisé par 37 % du panel. Désormais, les entreprises préfèrent organiser leur DPEF autour des enjeux matériels : 40 % d’entre elles optent pour ce format. Cette structure était déjà utilisée dans le cadre des précédents exercices.

Ce constat met en exergue la réticence des entreprises à construire leur publication sur les risques souvent considérés comme anxiogènes. Ces dernières préfèrent largement retenir la notion plus positive d’enjeu qui, au-delà d’adresser les risques, intègre également les opportunités.

Des efforts restent à fournir dans la définition de la politique RSE et des indicateurs clés

Premier pilier constitutif de la DPEF : l’obligation pour les entreprises de publier leur modèle d’affaires. Pour cet exercice 2018, 72 % d’entre elles choisissent de présenter leur modèle d’affaires au début du document de référence. Cette décision tend à démontrer leur volonté de faire de la DPEF, et tout particulièrement du modèle d’affaires, un élément de communication à part entière qui dépasse le cadre purement réglementaire.

La présentation des risques est la pierre angulaire de la DPEF. Ainsi, plus des deux tiers des sociétés (près de 67 %) font le choix de décrire leurs principaux risques extra-financiers dans le chapitre consacré à la DPEF. Elles sont près de 70 % à s’appuyer sur la cartographie des risques groupe. Toutefois, les mécanismes de sélection et de hiérarchisation des risques sont peu détaillés : 45 % des sociétés précisent les typologies d’impacts pris en compte dans l’analyse, qu’ils soient financiers, de réputation ou humains ; 36 % déclarent prendre en compte la probabilité d’occurrence du risque ; et 10 % mentionnent intégrer le niveau de maîtrise du risque à leur cotation.

Troisième pilier : les entreprises doivent désormais détailler les politiques mises en place pour couvrir les principaux risques extra-financiers. Si elles se sont attachées à décrire les dispositifs de couverture de ces risques, l’ensemble manque encore de cohérence et de fluidité. En effet, les modalités de présentation sont très hétérogènes d’une DPEF à une autre. Si la grande majorité des entreprises ont fait le choix de répartir les informations tout au long de la déclaration, seules 25 % des entreprises présentent en complément, un tableau de synthèse permettant de clarifier le lien entre les risques et les politiques. En outre, sur le fond, le niveau de précision est parfois insuffisant, notamment concernant le cadre de référence de la politique, l’organisation interne et les plans d’actions associés.

« La nouvelle réglementation est pleine de promesses. La promesse d’une publication extra-financière concise et plus abordable, adressant les enjeux et les risques les plus matériels. La promesse d’une meilleure compréhension du positionnement de l’entreprise dans son écosystème et la création de valeur associée pour l’ensemble de ses parties prenantes. La promesse de l’avènement d’un outil de pilotage de la performance s’appuyant sur un reporting n’ayant pas pour unique but de répondre aux exigences du législateur, mais bien de s’assurer de l’efficacité des politiques et actions mises en œuvre à l’aide d’indicateurs ciblés et pertinents » analyse Edwige Rey, Associée responsable du Département RSE et Développement Durable chez Mazars.

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