Jean-Charles Boucher, lauréat du Trophée de l’excellence comptable : « Cette récompense est la reconnaissance d’un profond investissement »

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Rencontre avec Jean-Charles Boucher, lauréat du Trophée de l’excellence comptable et Associé du cabinet RSM.

Vous avez reçu de l’ANC le Trophée de l’excellence comptable. Quel est votre sentiment sur cette distinction ?

Je suis très honoré et fier d’avoir reçu ce Trophée, remis à l’unanimité par les représentants des entreprises, de la profession comptable et du monde universitaire, présents à l’ANC. À plusieurs occasions, j’ai pu faire valoir mes positions au sein des institutions ! Cette récompense, c’est un peu la reconnaissance d’un profond investissement en faveur d’une application optimale des normes comptables pour l’entreprise.

Ce prix met aussi en avant mes efforts de pédagogie à l’égard de la profession comptable. Mon but a toujours été d’expliciter de manière pragmatique, la doctrine comptable auprès de mes consœurs et confrères afin qu’ils soient, ensuite, porte-paroles de ces évolutions auprès de leurs clients et collaborateurs.

Pouvez-vous nous décrire votre parcours et vos actions sur la normalisation comptable, qui justifient cette récompense ?

Depuis près de dix ans, je me suis fortement impliqué dans la modernisation des règles comptables au sein des instances françaises et européennes.

En 2007, j’ai été sollicité pour prendre part à la réflexion sur l’harmonisation des règles initiée par Bruxelles pour toutes les sociétés commerciales non cotées en Europe. Du fait de mon expérience en cabinet et en entreprises – en tant que Directeur financier au sein d’un groupe hôtelier international – je pouvais apporter un côté pragmatique à la réflexion en cours. Entre le point de vue des entreprises, celui de la profession du chiffre et du Trésor, j’ai dû trouver des compromis et défendre des positions nationales qui avaient pour but de prendre mieux en compte la typologie des entreprises françaises, notamment celle des PME.

Mes travaux se sont poursuivis en 2009, notamment au sein de l’EFRAG, lorsque la Commission européenne envisageait d’étendre le référentiel international IFRS pour PME en Europe, puis en 2015 et 2016, avec ma forte implication dans les travaux de transposition de la nouvelle directive comptable dans les textes français.

J’occupe aujourd’hui plusieurs fonctions au sein des instances de la profession comptable : membre de la Commission des normes privées de l’ANC depuis sa création en 2009 ; Co-Président de la Commission commune de doctrine comptable de la CNCC et du CSOEC ; représentant de la profession française au Corporate Reporting Policy Group d’Accountancy Europe.

Quels sont vos objectifs pour l’avenir au service du monde du chiffre ?

Ne plus parler de chiffres ! Je sais, c’est un peu provocateur. Aujourd’hui, le lecteur des rapports annuels a besoin de plus d’informations pour comprendre la manière dont l’entreprise crée de la valeur. Le prochain chantier sera donc nécessairement celui de la normalisation de l’information extra-financière. Je serai au rendez-vous pour représenter la profession comptable, qui sera certainement impliquée dans la définition et l’audit de ces nouveaux agrégats.

Revenons au monde du chiffre, car d’autres enjeux émergent qu’il ne faut pas négliger : établir une définition commune du chiffre d’affaires dans le référentiel français, digitaliser les états financiers ou encore, répondre aux problématiques autour du fait générateur des impôts et des taxes. Ces sujets vont devoir trouver des consensus.

Propos recueillis par Hugues Robert

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